Crise
Une crise économique est une période de quelques trimestres à quelques années au cours de laquelle l’activité économique connaît une situation dégradée : la croissance économique est inférieure à la croissance potentielle, le chômage au supérieur à son niveau structurel. Si la croissance économique est négative, il s’agit d’une récession économique ; si la crise est profonde et durable, la zone économique concernée est en dépression.
Une telle crise comporte souvent (mais pas systématiquement) une chute soutenue des valeurs boursières. Elle a des répercussions sur le niveau des salaires, provoque des faillites, accroît les tensions sociales.
La théorie des cycles économiques intègre la crise économique comme un événement récurrent de l’histoire économique.
Une crise économique peut être provoquée par une politique monétaire erronée (taux directeurs passés trop faible ayant provoqué une bulle économique de surinvestissement ou de malinvestissement), une crise financière, des changements majeurs du contexte politique (guerre, révolution) ou des erreurs de politique économique (par exemple mise en place d’une politique protectionniste, nationalisations massives, déficit public excessif, provoquant une chute de confiance des investisseurs).
Effets et développements
La notion de crise économique revêt des caractéristiques multiformes. Elle peut concerner un ou plusieurs secteurs de l’économie ou, par extension, son intégralité qu’elle peut gagner par « effet de contagion ». Elle peut avoir des fondements réels. Le marasme touchant un secteur peut aussi résulter d’une activité spéculative dont le secteur de la finance se trouve préalablement à l’origine. Les économistes évoquent alors une « bulle financière ». Par exemple, périodiquement, peut se développer une « bulle immobilière ». Elle repose sur des anticipations de hausse des prix. Le phénomène peut s’arrêter rapidement si les banques constatent que leurs créances sont menacées, notamment lorsque les particuliers ne peuvent plus faire face aux charges de leurs emprunts. Il peut alors s’en suivre un « retournement » du marché.
Vers les années 2000-2001, la bulle internet s’est dégonflée et a provoqué un ralentissement économique.
Les notions de crise et de spéculation sont, assez souvent, liées. La crise peut aussi toucher le secteur des matières premières (métaux et minerais, cacao, café, denrées alimentaires et, bien sûr, pétrole). Cependant, l’économie moderne s’est de plus en plus financiarisée comme l’un des éléments du développement du secteur tertiaire (services aux personnes et à l’industrie et aux personnes, assurances et pensions, transports…). Une crise peut donc affecter aujourd’hui le secteur financier (banque, assurance, fonds de placement) lui-même. La crise des subprimes en est une nouvelle illustration. Elle touche, depuis février 2007 l’immobilier américain et, par ricochet, le financement immobilier et le système financier international.
Théorie économique
Partant de l’observation des dépressions économiques qui avaient périodiquement affecté l’économie européenne depuis 1825, Karl Marx décrivit la crise comme un dispositif historiquement inévitable. Selon Marx, ces crises étaient des « crise de surproduction ».
Pour l’École autrichienne d’économie, les crises sont essentiellement dues à l’accumulation de défauts d’ajustement de l’appareil de production à la demande réelle. En tentant d’empêcher ou de retarder ces ajustements par la réglementation ou la création monétaire, l’État ne fait qu’accumuler les problèmes qui devront tôt ou tard se résoudre en une crise, qui aurait pu être évitée, ou être moins grave, en laissant les ajustements se produire progressivement. Le mot crise fait directement référence au concept de cycle. La théorie du cycle la plus connue de cette école est surement celle de Hayek (Cycle de Hayek), liée au taux d’intérêt.
La théorie marxiste a vu dans le capitalisme (que l’on appelle aujourd’hui plus volontiers le libéralisme) un système générateur de crise en lui-même, essentiellement à cause des conflits d’intérêts entre patrons et ouvriers (c’est ce que l’on a appelé, en termes politiques, la « lutte des classes », conception portée encore par les partis de gauche jusque dans les années quatre vingt). À l’inverse, les économistes libéraux voyaient dans le système, la possibilité de s’auto réguler. Adam Smith au dix huitième siècle s’en est fait l’ardent défenseur et partisan (il a parlé de l’intervention de la « main invisible du marché ») Les économistes modernes ont reconnu la nécessité de réguler le marché ou, plus globalement, l’économie. Ce rôle est alors dévolu à l’État, par la mise en œuvre de mesures gouvernementales, notamment d’incitation (subventions ou dégrèvements fiscaux) Par exception, il peut aussi s’agir de taxation supplémentaire (par exemple une taxe sur le carbone ou l’émission de CO2 dans l’atmosphère)
L’un des économistes ayant, parmi les premiers, mieux vu l’importance des mesures incitatives ou de relance est l’anglais John Maynard Keynes. Il justifiera la mise en place d’une politique de grands travaux pour redonner un nouveau souffle aux économies de crise. Il mettra également en évidence, la relation entre l’épargne et l’investissement. En économie, la monnaie (c’est-à-dire l’argent en circulation) y joue un grand rôle. Plusieurs acteurs sont représentés : les particuliers, les entreprises et l’État (le secteur public)
La notion de crise économique a aussi permis de mettre en évidence le fait suivant : l’économie dépend pour beaucoup de phénomènes d’anticipation, c’est-à-dire, pour une grande part, de la confiance que les individus peuvent avoir dans l’économie et dans leur avenir. À l’inverse, la perspective de périodes troublées ou d’anticipations négatives peut déclencher une crise économique ou bien en accélérer les effets.
Liste des crises économiques et financières
1929-1937 : Grande dépression (dont Grande Dépression en France) ;
1973 et 1979 : crise provoquée par les chocs pétroliers ;
1993 : crise liée en partie à la crise du Système monétaire européen (SME) ;
1994 : crise économique mexicaine (provoquée par une dévaluation du peso mexicain) ;
1997 : crise économique asiatique (Asie du Sud-Est) ;
1998 : crise financière russe de 1998
1998-2002 : crise économique argentine
2002 : crise turque (dévaluation de la lire turque)
à partir de fin 2007 : crise économique liée à la crise financière de 2007-2008
2009 - … : Récession économique généralisée et entrée en crise économique profonde
